C’est en ce jour d’Halloween que le concert d’Iced Earth a été prévu à l’Élysée Montmartre. Une bien chouette idée, d’autant plus qu’il ne faisait pas froid malgré la période choisie ! Mais avant de parler de la performance d’Iced Earth, commençons par le début. Chose étrange que j’ai constatée en arrivant dans la salle, c’est qu’il n’y a que très peu de monde, et de plus, pas la moindre trace de merchandising pour le groupe Annihilator. La salle est fermée au quart, mais elle est tout de même loin d’être pleine, même dans cette configuration (c’est l’avantage de l’Élysée Montmartre justement, d’adapter l’espace en fonction de l’affluence).
Turisas

Entre sur scène Turisas, bien avant l’heure notée sur mon billet. C’est la première fois que ce groupe de Folk Metal fondé en 1999 passe en France. Ses membres se présentent tels des vikings devant un parterre d’auditeurs, bizarrement très réduit malgré une affiche intéressante. Voir ce groupe sur scène tout juste trois jours après avoir vu Korpiklaani m’a fait immanquablement penser à eux, étant donné que Turisas est composé d’un accordéoniste et d’un violoniste, comme Korpiklaani, en plus du guitariste, du bassiste, du batteur et du chanteur.
Leur musique fait aisément penser à un mélange entre Lordi et Sabaton, elle est plutôt agréable. Bien que la salle n’était pas du tout pleine, le peu de gens présents étaient plutôt motivés, et ne rechignaient pas à encourager le groupe, répondant toujours aux appels du chanteur. Pour ce qui est de la performance même de Turisas, les musiciens sont tous bien en place, aucune fausse note à signaler, mais un son terriblement mal réglé, trop aigu. On espère que cela va s’arranger pour le groupe suivant.
Côté setlist, au milieu des 5 morceaux proposés par le groupe, Turisas nous a gratifiés d’une surprise assez originale lorsque le chanteur nous a demandé si nous aimions le disco, et que nous avons tous répondu en chœur que non. C’est en effet une reprise de « Rasputin » de Boney M qui commence, mais dans une version qu’il faudrait qualifier de Troll Metal. Très intéressante reprise, qui figure par ailleurs sur le dernier album du groupe, « The Varangian Way ».
Puis c’est « Battle Metal » qui prend la suite, après un petit discours du très charismatique chanteur, Warlord Nygârd, qui a enfin compris que le public demandait « Battle Metal » et non une bouteille ! Tout le long du (trop court) show donné par le groupe, on remarque le très imposant bassiste sur la droite de la scène qui s’amuse du début jusqu’à la fin à tirer la langue au public, quand il ne fait pas carrément des grimaces.
Les musiciens semblent de très bonne humeur et vraiment contents d’être là. Environ une demi-heure de show plus tard, le groupe quitte la scène. La salle se remplit au fur et à mesure mais très doucement, c’est à se demander si elle sera pleine d’ici la fin de la soirée !
Annihilator

C’est à présent au tour d’Annihilator de faire son entrée, pour sa cinquième date en France depuis le début de cette année 2007. Le public se resserre alors d’un coup, mais l’on peut encore largement respirer. Tout le monde semble de bonne humeur, acclamant le groupe comme il se doit, mais mis à part quelques headbanging isolés, rien de spécial à signaler du côté du public. Tout le monde reste donc très sage, malgré une musique très axée Thrash qui aurait pourtant dû, en temps normal, donner pour résultat un gros mouvement de foule.
Du côté de la scène, par contre, il en est tout autre. Les musiciens sont d’une humeur excellente et nous assènent des compositions toutes plus puissantes les unes que les autres. Au niveau du son, il est aussi propre que pour Turisas, mais l’on remarque que les aigus sont toujours aussi prononcés. Une peur de me retrouver sourde à la fin de la soirée me prend, et pourtant j’ai des bouchons pour me protéger les oreilles !
L’ambiance commence enfin à chauffer pendant « W.T.Y.D » (de l’album « Alice in Hell », 1989), 5ème titre du set, que le public reprend en chœur avec le chanteur actuel du groupe. Ce n’est qu’après une demi-heure de show qu’une fosse commence à se dessiner sur l’avant lorsque le groupe, après une légère pause, reprend les dernières notes de ce même titre. Un léger problème technique survient juste après ce morceau, laissant quelques secondes de blanc pendant lesquelles le public reste toujours sage, attendant la suite.
Puis ce sont les premières notes de « Never Neverland » (de l’album du même nom, 1990) qui se font entendre, que le public chante comme il peut. Pendant les quelques passages assez agités de cette demi-balade, la mini-fosse agitée se reforme, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. Malgré tout, Annihilator continue de faire en sorte de chauffer la salle avant l’arrivée de la tête d’affiche. S’en suit « Phantasmagoria » du même album, titre pendant lequel l’ambiance commence enfin à ressembler à une ambiance normale pour un concert de Metal.
Mais il n’y a toujours aucun danger spécial pour une petite femme comme moi, alors que je me trouve à l’endroit même où le public est habituellement le plus violent, là où il y a le plus de bousculades en temps normal. « Alison Hell » (de l’album « Alice in Hell », 1989) commence dès la fin de « Phantasmagoria ». Ce n’est pas un titre franchement récent, mais il a le mérite de motiver enfin le public, qui est à présent beaucoup plus nombreux que depuis l’arrivée du groupe sur scène, même si l’on respire encore très bien.
À la fin des 45 minutes de show du groupe, on se rend compte que les musiciens n’ont finalement joué que des anciens titres, ce qui n’est pas fait pour déplaire aux fans des anciens albums, mais qui a peut-être ennuyé ceux qui ont une préférence pour les derniers albums. Au moment où les lumières se rallument, le temps de changer la scène pour l’arrivée de la tête d’affiche, on constate une ambiance très étrange. Certaines personnes dans le public se parlent, mais absolument pas du concert de ce soir ! J’en aperçois un qui se met à lire son journal, deux autres qui s’installent par terre… On ne se croirait vraiment pas dans un concert de Metal !
Iced Earth

Mais, au moment où les lumières s’éteignent, le public entier se met à appeler Iced Earth, à frapper dans ses mains, à trépigner d’impatience. Quand le groupe entre sur scène après quelques minutes d’attente, on peut dire que le concert commence enfin (alors qu’une bonne moitié de la soirée était déjà passée à ce moment-là). On se rend également compte que le nouveau chanteur, Tim Owens (déjà connu pour avoir assuré le chant pendant plusieurs années chez Judas Priest), change tout au niveau de la musique du groupe.
Fort heureusement, il semble s’être très bien intégré à la formation, il y a de toute évidence trouvé sa place. Malgré tout , une inquiétude se dessine après la seconde chanson, la peur de n’entendre que le dernier album, « Framing Armageddon » (sorti cette année). Heureusement, on change du tout au tout pour le troisième morceau, puisque l’on revient aux anciens albums, et c’est à partir de ce même moment que l’ambiance au sein du public commence enfin à chauffer. Il était temps !
Les bras levés, les slams de-ci de-là, les chants et encouragements du public, tout le monde serré comme dans une boite de sardine, nous avons enfin un concert digne de ce nom ! À la chanson suivante, les fans se mettent réellement à bouger, il n’y a pas à chipoter, les anciens titres du groupe ont vraiment beaucoup de succès. Tim Owens se rapproche du public en frappant dans les mains des personnes au premier rang, on sent alors une réelle proximité entre le public et lui.
Au moment où il sort de scène, c’est « Stormrider » (de l’album « Night of the Stormrider », 1991) qui commence, avec cette fois Jon Schaffer (guitare) au chant. Tim Owens revient pour le titre suivant, « Dracula » (de l’album « Horror Show », 2001), morceau sur lequel son chant se pose vraiment bien malgré l’ancienneté de ce titre. Tout le monde chante et frappe dans ses mains pendant toute l’intro.
La température monte alors beaucoup dans la salle, on n’y croyait plus mais finalement, on assiste à un vrai concert ! Pour vous donner une idée de ce que ça donne avec Tim Owens au chant, je n’ai malheureusement aucune vidéo de cette soirée à vous proposer, mais en voici une de très bonne qualité qui provient du Wacken Open Air, qui s’est tenu quelques mois plus tôt :
Lors de « The Hunter » (de l’album « The Dark Saga », 1996), on voit que les musiciens sont toujours très en forme, aucune fausse note n’est à déplorer, et aucun larsen non plus, mais le son est toujours aussi aigu et désagréable pour les oreilles. Ceci dit, le show étant de qualité, le groupe captivant le public comme il faut, on oublierait presque ce défaut de réglage. À partir de là, le public se met enfin à fredonner toutes les chansons qui suivent.
À la fin du concert, c’est des mains et des pieds que le public redemande le groupe qui revient après quelques minutes avec trois rappels, qui sont « Melancholy (Holy Martyr) » et « My Own Savior » (tous deux provenant de l’album « Something Wicked This Way Comes », 1998), pour finir par « Iced Earth » (de l’album du même nom, 1990) qui remporte un franc succès et qui se stoppera après une note interminable de la part de Tim Owens.
Le morceau reprendra ensuite pour ses dernières secondes avec le solo de Jon Schaffer, heureusement pour Tim Owens qui aura ainsi pu reprendre son souffle ! Au final, bien que le chanteur d’Iced Earth ait changé, le groupe n’hésite tout de même pas à jouer d’anciens titres sur scène, et est parvenu à faire de ce show composé de 17 titres un véritable best-of. Bien joué ! Car ce n’était vraiment pas gagné au vu de l’ambiance initiale au sein de la salle !
