
Nous sommes le 6 juin 2026, et on a appris hier qu’Anthony Stewart Head nous a quittés. Je ne pensais pas devoir écrire ça aujourd’hui. Et pour être parfaitement honnête, je ne pensais pas devoir l’écrire avant un bon bout de temps. Et pourtant, il y a quelques mois, on a déjà eu le décès inattendu de Nicholas Brendon le 20 mars dernier, l’interprète d’Alexandre « Alex » Harris. Et il y a deux ans, le 26 février 2025, on a eu aussi le décès tout aussi inattendu de Michelle Trachtenberg, aka Dawn Summers, la petite sœur de l’héroïne.
Cette fois, c’est donc une autre figure majeure du Buffyverse dont on vient d’apprendre qu’il a rendu son dernier souffle. Là c’est dur. C’est vraiment très très dur. Et pas seulement parce que cela fait plusieurs semaines que je suis en plein visionnage de « Buffy contre les Vampires », cette série qui restera toujours ma préférée. C’est vraiment très très dur, parce que j’ai déjà à peine eu le temps d’accepter le départ de Nicholas Brendon, parti il y a à peine deux mois (et c’est justement son décès qui m’a décidé à relancer cette série pour la énième fois).
Anthony Stewart Head est né à Camden, en Angleterre, le 20 février 1954, dans une famille au sein de laquelle le spectacle est un véritable aspect d’existence. Son père est réalisateur de documentaires, sa mère actrice, et son frère n’est autre que Murray Head, le célèbre interprète du titre « One Night in Bangkok ». Anthony se forme à la London Academy of Music and Dramatic Art. De fait, avant même d’être connu à la télévision, il est d’abord devenu un homme de scène.
Pour ma part, ce n’est pas « juste » un aspect de cet homme que j’ai aimé. Loin de là ! J’ai aimé, adoré même, cet homme derrière le rôle, qui avait plein de cordes à son arc, que j’admire tout autant les unes que les autres ! Outre le fait qu’il est né pile dix ans après mon papa, ce que je trouvais amusant puisqu’il a campé une figure très paternelle dans ma série favorite, Anthony Stewart Head, pour moi c’est trois références, tout aussi importantes les unes que les autres, qui raisonnent dans ma tête : Rupert Giles bien entendu, mais aussi Nathan Wallace, et « Music for Elevators ». Je vais développer un peu tout ça.
Rupert Giles (1997-2003)
Le premier, Rupert Giles, c’est bien évidemment l’Observateur de la Tueuse dans la série « Buffy contre les Vampires », de son premier épisode en 1997, jusqu’à son dernier en 2003. Le pilier. Celui qui conseille, qui oriente.Presque un second père pour l’héroïne, d’une certaine façon. Celui à qui on aurait offert toute notre confiance sans sourciller une seule demi-seconde. La bienveillance incarnée, si on devait résumer son personnage.
Le rôle de Rupert Giles est très loin d’être le premier qu’Anthony Stewart Head aura campé, par contre c’est sans conteste celui que l’on retiendra le mieux, tant il aura marqué toute une génération. En guise d’anecdote, saviez-vous que l’épisode dans lequel Willow et lui se retrouvent en Angleterre, dans le premier épisode de la saison 7 qui est titré « Rédemption », c’est au sein de sa propriété que les scènes ont été tournées ?
Et même le cheval qu’on le voit monter dans cet épisode, en réalité c’était le sien. Cet animal, qui répondait au nom d’Otto (il est décédé il y a quelques années), appartenait à un ami proche d’Anthony, et une chute de ce cheval à causé sa mort. Anthony l’a récupéré, et a fait promettre à l’équipe de tournage de ne pas le faire galoper lorsqu’il serait dessus. Il craignait sans doute, à juste titre, de faire lui aussi une chute qui aurait pu lui être fatale.
Nathan Wallace (2008)

Le second, Nathan Wallace, c’est le repo man dans le film de type opéra-rock « Repo! The Genetic Opera ». Un rôle à des années-lumière de celui qu’Anthony Stewart Head a campé dans « Buffy contre les Vampires ». Car là où Rupert Giles incarne le gentleman à l’anglaise, toujours poli et bien sous tous les aspects (hormis rares exceptions), Nathan Wallace est autant synonyme de violence que de complexité.
Le film « Repo! The Genetic Opera », dirigé par Darren Bousman, est issu d’une pièce de théâtre qui dirait à l’origine 10 minutes. Il n’a eu que très (trop ?) peu de succès en France, et d’ailleurs on pourrait même dire qu’il est carrément inconnu dans nos contrées. Il a par ailleurs été sujet à de nombreuses railleries, notamment par la présence de Paris Hilton au casting.
Je ne vais pas revenir en détails sur l’ensemble de ce qui a fait ce film, je l’ai déjà décortiqué à travers un article complet il y a quelques années. Mais le nom d’Anthony Stewart Head, je le relie toujours automatiquement à celui de Nathan Wallace, son rôle dans ce film. Il y est si parfait ! Et c’est l’occasion de le découvrir non seulement dans un rôle très différent, à l’opposé même, de celui de Rupert Giles, mais aussi d’entendre beaucoup plus ses capacités vocales. La première représentation de retour de la pièce dont le film « Repo! The Genetic Opera » est issu, a fait son retour sur les planches le 29 mai dernier. Autrement dit, pratiquement hier.
« Music for Elevators » (2002)
Le troisième, « Music for Elevators« , c’est le titre de l’album qu’il a sorti en 2002 avec George Sarah, mais que j’ai découvert plusieurs années plus tard. C’est loin d’être son premier essai musical, puisque d’as les années 80 il avait déjà fait partie d’un groupe, nommé Two Ways, avec lequel il avait sorti un maxi en 1983. Dans un tout autre registre musical que celui dans lequel on l’entend dans le film « Repo! The Genetic Opera », on pourrait décrire l’écoute de l’album « Music for Elevators » comme un moment suspendu dans le temps, que l’on se plaît à se passer de temps à autres, tant il est chaque fois agréable d’y revenir.
Pour ma part, j’en retiens surtout le titre « Babies (The In Between)« , pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur dès la première fois que je l’ai entendu. « Music for Elevators » est l’écoute logique que l’on puisse faire, après avoir découvert les talents au chant d’Anthony Stewart Head dans « Buffy contre les Vampires », dans l’épisode « Que le spectacle commence » (Once More with Feeling » en VO). On l’y entend notamment interpréter un extrait de « Behind Blue Eyes » de The Who, en voici le très bel extrait :
Conclusion
Anthony Stewart Head, pour moi c’était tout ce que je viens de dire, mais pour le collectif, il était aussi beaucoup d’autres choses. Anthony Stewart Head, c’était aussi le frère du mondialement connu chanteur Murray Head. C’était aussi, pour les Britanniques, les pubs pour la marque Nescafé Gold Blend. C’était aussi une géniale interprétation de Frank-N-Furter dans le « Rocky Horror Picture Show ». Pour résumer, c’était de nombreux rôles, tenus tant au théâtre qu’au cinéma (on citera notamment « La dame de fer » en 2011).
Son premier grand succès est une comédie musicale titrée « Godspell », à la fin des années 1970. Il a ensuite enchaîné avec des productions théâtrales, ainsi que plusieurs productions de « The Rocky Horror Picture Show », dans lesquelles il interprète le mythique personnage qu’est Frank-N-Furter. Ce rôle lui est par ailleurs resté collé longtemps à la peau, et c’est lui qui a révélé au public ses qualités de chanteur (ici vous pourrez le voir dans le rôle, ainsi qu’Amber Benson). Ainsi, Anthony Stewart Head n’était pas seulement acteur, il était un véritable Artiste avec un grand « A », car il touchait plusieurs domaines, et chaque fois avec brio.
Il nous a quittés le 1er juin 2026, a l’âge de 72 ans, des suites d’une pneumonie. Il vient donc de rejoindre Sarah Fisher, sa femme auprès de qui il a passé 45 ans de sa vie, et qui est quant à elle décédée en décembre dernier. Il va beaucoup, beaucoup me manquer… Mais j’ai la chance de pouvoir garder un souvenir impérissable dans mes archives. En effet, grâce à une amie dont je n’ai que trop peu de nouvelles (si tu passes par ici, tu te reconnaîtras forcément :*), qui a voulu me faire un « petit » cadeau pour mon 29ème anniversaire en 2014. À ma plus grande surprise, elle m’a envoyé un message d’Anthony Stewart Head !
Et malgré toutes les années qui sont passées depuis, jamais je n’ai oublié ces images, que j’ai dû regarder plusieurs dizaines de fois pour réaliser qu’elles étaient bien réelles. Je les ai tellement regardées, ces images, que j’ai exactement le ton de sa voix qui résonne dans ma tête rien qu’en y repensant. Ainsi que la tête qu’il a fait quand il a prononcé mon pseudo de l’époque (devenu depuis mon nom de plume) ! Je garde si précieusement cette vidéo que je l’ai en plusieurs exemplaires sur différents supports. La voici :
Au cas où vous l’ignoriez (ce qui est fort probable, car il n’y a pas tellement eu de publicité à ce sujet), vous pouvez vous procurer un DVD officiel qui réunit les épisodes principaux de « Buffy contre les Vampires » qui mettent le personnage de Giles particulièrement en avant. Vous pouvez découvrir ça sur Amazon, si vous le souhaitez.
