
Un nouvel album de Dimmu Borgir, c’est comme un évènement !
Et voici « Grand Serpent Rising » qui déboule, après huit longues années d’attente. Le même délai qu’entre « Eonian » (dont j’ai rédigé également une chronique) et son prédécesseur. Il aura donc fallu huit ans pour que Dimmu Borgir se décide à pondre un nouvel album. Décidément, le groupe semble apprécier les longues périodes de silence entre deux albums. Il semblerait que ce délai entre deux albums devienne récurrent, finalement. Mais bref, ça y est, « Grand Serpent Rising » est parmi nous depuis le 22 mai 2026 !
Entre-temps, il faut tout de même signaler que le groupe aura connu quelques bouleversements, notamment avec le regretté départ de Galder en 2024, laissant Shagrath et Silenoz porter l’essentiel du navire. Une situation déjà un peu vue il y a quelques années. Mais bref ! Autant le dire immédiatement : cet album était attendu au tournant. D’une part à cause de l’attente, mais aussi parce que le précédent, « Eonian » (2018), avait profondément divisé les fans.
Certains avaient adoré son orientation très symphonique et atmosphérique (et je fais partie de ceux-là), mais d’autres lui ont reproché (sans doute à juste titre, il faut l’avouer) de s’être éloigné du Black Metal qui avait forgé la réputation du groupe. Avec « Grand Serpent Rising », les Norvégiens de Dimmu Borgir semblent avoir trouvé un certain équilibre entre l’avant et l’après « Death Cult Armageddon » (2003), un album qui a marqué un gros tournant dans la musicalité du groupe.
Ainsi, sur ce nouvel album, les orchestrations sont toujours présentes, mais elles ne semblent plus écraser les guitares et les rythmiques, comme on pourrait le dire de l’album précédent (même si je n’ai clairement pas envie de taper dessus, car j’adore « Eonian » !). On retrouve donc beaucoup plus cette espèce d’alchimie qui a fait les grandes heures du groupe, et je ne pense pas me tromper en disant que c’est sans doute ce qui plaira aux fans de ces heures-là. De là à mettre les plus anciens et les plus récents fans… Il va sûrement y avoir débat !
Chronique de « Grand Serpent Rising »
Dès les premiers morceaux, on sent que Shagrath et Silenoz ont voulu proposer un album qui résume en quelque sorte toute la carrière de leur groupe. D’ailleurs, les deux musiciens ont eux-même expliqué que cet album contient des échos pour chacune des époques que le groupe a traversées. Et le moins que l’on puisse dire, si on y regarde vraiment de plus près, c’est qu’ils ont bien raison.
La voix de Shagrath mérite également d’être soulignée. Là où « Eonian » efface parfois son chant derrière les chœurs et les arrangements, il reprend ici une place beaucoup plus centrale. Forcément, les chœurs ayant été tout bonnement supprimés, et c’est cela qui me plaît malheureusement le moins dans cette nouvelle direction musicale. Cependant, il faut reconnaître que le chant agressif de Shagrath retrouve une intensité que pas mal regrettaient depuis plusieurs albums.
Autre élément que je trouve intéressant à souligner, car cela faisait un moment que la pratique ne se faisait plus : on a le retour de plusieurs morceaux interprétés en norvégien. Cela peut sembler être un détail, mais cette décision-là apporte une autre saveur à l’ensemble, une impression de revenir à des périodes plus anciennes de la discographie de Dimmu Borgir. On pensera notamment à l’époque de l’album « Stormblåst » (1996).
Ainsi, là où « Eonian » donne parfois l’impression d’explorer un territoire entièrement nouveau, « Grand Serpent Rising » ressemble davantage à une synthèse de l’ensemble de ce que le groupe a proposé depuis toutes ces années. On y retrouve donc des éléments qui évoquent tour à tour « Enthrone Darkness Triumphant » (1997), « Puritanical Euphoric Misanthropia » (2001) ou encore « Death Cult Armageddon » (2003), alors même que ces trois albums n’ont pas tant de choses que cela en commun. J’ai d’ailleurs lu à plusieurs reprises que les gens ont l’impression de réentendre de l’ancien, mais tout en étant très actuel. S’il fallait résumer « Grand Serpent Rising » en quelques mots, c’est ainsi que je le ferais en tout cas, car c’est l’impression générale qui en ressort.
Conclusion
Une chose est certaine : « Grand Serpent Rising » possède suffisamment de personnalité pour ne pas laisser l’auditeur indifférent. Il ne fera sans doute pas l’unanimité (j’avoue beaucoup moins l’apprécier que « Eonian »), mais il faut reconnaître qu’il pourrait bien réconcilier une partie des fans qui s’étaient éloignés ces dernières années. Personnellement, j’y vois surtout le retour d’un Dimmu Borgir plus équilibré, capable de conjuguer puissance et mélodie, mais sans pour autant tomber dans des excès. Si vous êtes intéressé(e) pour vous procurer cet album, je vous invite à passer par Amazon !
