
Introduction
[Le concept de la microfiction est simple : à partir d’une simple illustration libre de droits, je rédige une toute petite histoire. Ce type d’article, publié chaque mois, est fait pour vous donner une idée de la qualité de ma plume, tandis que de mon côté, il est l’occasion d’un exercice qui a toujours été un challenge pour moi : faire court. L’idée de ces microfictions est donc de vous proposer tous les mois un récit fictif d’environ 500 mots. Bonne lecture !]
La microfiction
J’étais pourtant prête. J’avais tout préparé, malgré la petitesse de ma chambre chez papa et maman. J’avais tout préparé et tout placé dans ce grand sac à dos de randonnée que je me suis payé avec les maigres économies que j’ai pu mettre de côté grâce à ce petit boulot que j’avais accepté de prendre pour leur faire plaisir. Tout était parfait sur le papier. Parce que oui, j’avais bien pris le temps de faire la liste de ce qu’il me faudrait.
Quelques vêtements de rechange, que ce soit pour du temps chaud ou pour de la fraîcheur à la limite de l’extrême. Beaucoup de paires de chaussettes, pour pouvoir remplacer celles que je trouerais au fur et à mesure de mon avancée. De la crème solaire. De la crème contre les piqûres de moustiques. De la crème à appliquer sur les bleus. Des crèmes à n’en plus finir.
Et mes papiers d’identité, plusieurs batteries externes pour pouvoir recharger mon petit téléphone portable bon marché que je me suis acheté exprès pour cette expédition, histoire de ne pas abîmer mon smartphone beaucoup trop cher et beaucoup trop lourd pour pouvoir le prendre avec moi. Tout était parfait sur le papier. Parce que oui, j’avais bien pris le temps de me préparer, tant physiquement que psychologiquement.
Je suis allée un nombre incalculable de fois à la salle, pour me mettre en condition. J’ai fait des kilomètres de vélo et des kilomètres de marche à pied, mais aussi des kilomètres de nage à la piscine pour avoir la force de prouver que je suis bel et bien capable d’arriver au bout de ce projet. Ils m’avaient prévenus, papa et maman m’avaient bien dit que je n’arriverais jamais à la destination que je visais.
Comme d’habitude, j’ai refusé de les écouter. Comme d’habitude, je leur ai soutenu mordicus que j’y parviendrais. Et la situation a tellement dégénéré que je suis partie en claquant presque la porte d’entrée. Ça n’aurait pas dû se passer comme ça. J’ai eu tant de remords sur mon chemin. J’ai même pensé plusieurs fois à faire demi-tour. Mais l’idée de frapper à cette porte et de devoir leur apporter des excuses m’a empêché de revenir sur mes pas.
Il faut dire que j’ai un sacré caractère. Je n’en ai toujours fait qu’à ma tête. Je n’ai jamais écouté qui que ce soit à part mes propres idées. Des idées très discutables, je le reconnais volontiers, mais seulement lorsque je suis face à moi-même. Autrement dit, pas très souvent. Je n’aime pas les miroirs, alors je ne m’y regarde jamais. Je dois avoir une tête terriblement affreuse aujourd’hui. Mais c’est ainsi, j’ai quitté mes parents pour ce projet fou, c’est tout.
J’ai simplement fait ce que j’ai toujours fait : je suis allée jusqu’au bout de mon idée. Et voilà où j’en suis à présent : coincée en plein désert, devant cette maison délabrée entourée de trois malheureux arbres qui n’ont pas dû boire la moindre goutte d’eau depuis des mois. Et absolument rien autour. Comme dirais l’autre, si j’avais su, je ne serais pas venue. Et je paie une fois encore le prix de cet entêtement qui me caractérise depuis toujours…
Découvrez l’ensemble de mes microfictions dans la section dédiée ! Et si l’envie vous prend de vous plonger également dans mes romans, les voici :
